L’économie pour les noobs, 4e partie

(Parties 1, 2 et 3)

Contrairement à ce qu’on peut penser, et je le pensais, la science économique n’est pas l’art de prévoir les conditions économiques de demain. C’est simplement de l’observation. Nul ne peut donc prévoir ce qui fera l’économie de demain…. sauf les charlatans.

A quelques exceptions près, nous avons donc sur cette planète, des êtres humains qui ne demandent qu’une chose : subvenir à leurs besoins. Pour cela et pour rendre la chose plus facile, ils doivent produire quelque chose qui sera utile à quelqu’un d’autre en vu de l’échanger, préférablement contre de la monnaie. Chaque partie ayant échangé y aura trouvé de la satisfaction, autrement dit, de la valeur.
A chaque échange, il en résulte un prix. Plus les échanges sont nombreux et plus les opportunités sont nombreuses, plus le prix va se stabiliser vers un équilibre appelé « prix de marché ».
Dans tout échange, il y a un offreur et un acheteur. Nous sommes tous à la fois des offreurs et des acheteurs. Les offreurs ont parfois besoin d’investisseurs pour être en mesure de composer leur capital de production, ces investisseurs sont simplement des épargnants qui seront rémunérés pour avoir prêté leurs économies. Nous sommes tous un peu épargnants donc investisseurs potentiels. Le moyen pour mettre en relation les investisseurs et les producteurs est la finance.

Consommateurs, producteurs, investisseurs, financiers forment le système économique. Et la théorie du système économique (disons plutôt « certaines théories ») prétend dire que tout ce système tend vers un équilibre pour le meilleur et le plus beau des mondes….., sauf que la théorie se fait vite rattraper par la réalité.

La particularité de ce système est qu’il n’est composé que d’êtres humains. Des êtres humains qui ont chacun leurs envies, leurs projets et leur subjectivité. Comment peut il alors être possible de savoir précisément ce que chacun aura envie demain? C’est cet aléatoire qui fait qu’aucun équilibre ne peut être atteint entre l’offre et la demande. Pour survivre, chaque jour les producteurs doivent s’adapter aux envies des consommateurs et  les consommateurs doivent s’adapter à l’offre des producteurs. Il en résulte forcément des insatisfaits. Des productions qui ne trouvent plus preneurs, ou des consommateurs frustrés. Certains appellent cela des « injustices ».

L’État

L’État est un acteur économique comme les autres, il consomme, il produit, parfois il épargne. C’est tout le monde et personne en même temps. A la différence des autres acteurs, ce qui le distingue est sa capacité à utiliser la contrainte, la coercition.
Ce pouvoir de contrainte est ainsi donné à une minorité de personnes qui , soit, croient connaître ce qui est bon pour tous les autres, soit veulent réparer ces « injustices ».

L’Etat fourni parfois des biens mais surtout des services. Dans l’hypothèse où personne ne serait satisfait d’un service, personne n’y trouverait intérêt. Ce service aurait peu de valeur. Peut être utile pour quelques utilisateurs isolés mais pas pour la société dans son ensemble. Une entreprise n’y survirait pas. L’État a la possibilité de le produire tant qu’il lui plaît de le faire. Tout le capital utilisé pour ce service l’est en pure perte.
Dans le cas d’une entreprise, qui aimerait placer ses économies dans quelque chose qui ne crée aucune valeur? L’Etat, peut lui, se financer par l’impôt, soit une participation forcée de ses sujets.
Il peut aussi empêcher toute autre organisation qui estimerait pouvoir fournir la même chose mais mieux.

A force d’actions qui ne résultent pas d’une adaptation de son offre, l’Etat, s’il ne corrige pas le tir, peut avoir besoin de trouver de nouveaux financements. Mais alors qu’un boulanger en faillite aurait des difficultés à trouver un investisseur, l’état peut utiliser la planche à billet (ou la faire utiliser par d’autres). Comme on l’a vu précédemment, l’apparition de monnaie sortie du chapeau ne bénéficie qu’à celui qui la reçoit, appauvrissant de fait tous les autres détenteurs de monnaie.

Plus un État intervient dans l’économie de son pays, plus il en résulte des actes dont les conséquences sont souvent inverse aux intentions initiales, plus il aura tendance à corriger ce qui ne doit pas l’être ou ne pas laisser les corrections naturelles s’effectuer, plus la société qui en dépend s’appauvrira.

Suite

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