Le libéralisme pour les noobs

Tentative de présentation succincte du vrai libéralisme.

S’il y a un mot qui est galvaudé depuis quelques années, c’est bien celui là : libéralisme (et ses variantes). Il suffit de lire quelques journaux, écouter quelques personnes ou subir nombres discours pour mesurer l’ampleur du phénomène….

« Si ça va mal, c’est la faute au libéralisme », « Si y a des pauvres, c’est à cause des néo-turbo-ultra-libéraux-apatrides-sans-coeur-égoïstes », etc, etc…..

Être libéral aujourd’hui, c’est limite criminel, au mieux honteux (Franco-franchouillarement parlant). Dommage que toutes ces invectives reposent majoritairement sur une définition erronée de la chose.

« Mais alors c’est quoi le libéralisme? » demande Toto du fond de la classe (hé oui, c bien connu, les nuls sont toujours au fond de la classe)

Vois tu mon cher Toto, dans la vie, il y a différentes vision de comment doit être la société. Il y a ceux qui pensent qu’elle doit être construite par des règles qui régissent la vie quotidienne de tout un chacun, quitte à empêcher certains de faire ce dont ils ont envie, afin d’engendrer la paix, le bonheur, l’harmonie et que l’homme soit égal en tout point du globe. On les retrouve communément sous l’appellation « socialiste » (gauche, droite, communistes, on s’en fout). Le collectif prime sur l’individu.
D’autres pensent que, « C’était mieux avant », là où chacun avait sa place, selon le hasard de sa naissance, de ses connaissances. La force de l’État est utilisée pour faire respecter cet ordre qui leur parait naturel afin que rien ne viennent les déloger. Ces bonshommes sont appelés des conservateurs.
Pour finir, il y a ceux pour qui la société s’organise autour d’un ordre spontané à condition de respecter un minimum de règles : sécurité, liberté, propriété. L’État, par sa force et l’utilisation exclusive de la violence (physique ou administrative), n’est là que pour assurer ce respect. L’individu prime sur le collectif sans pour autant le nier. Ce sont les interactions d’individualités qui améliorent le collectif dans son ensemble, quitte à ce qu’il y ait des « inégalités ». On les appelle des libéraux.

Liberté-DelacroixHistoriquement, faisons fi de l’antiquité, les idées libérales les plus récentes sont très présentes au 17 et 18e siècle, principalement en France. Ce sont ces idées qui sont à l’origine de la révolution française et de ce qui constitua alors « la gauche » de l’époque.

« Ça a bien changé ! » s’exclame Toto. Pas si bête que ça le bougre.

Hé oui, cela a bien changé. Les libéraux ont disparu de la scène pour laisser place aux constructivistes de tous bords. Même ceux qui se font appeler (pour ne pas dire injurier) comme tel par les anti-libéraux. On peut dire que les 2 grandes mouvances actuelles ont des positions libérales sur certains sujets, sur les mœurs à ma gauche et économiques à ma droite. Mais aucune ne peut se prévaloir ou être qualifiée de libérale. La liberté ne se partage pas.

« Si tout le monde est libre de faire ce qu’il veut, ça va être un gros bordel ! » (Il a été reconnu par un comité d’expert que le cancre du fond de la classe utilise un vocabulaire plutôt fleuri)

Liberté ne signifie pas anarchie ni loi de la jungle. Elle tient sur quelques piliers essentiels :

  • Sécurité : un homme libre doit pouvoir profiter de sa vie. Sa sécurité est primordiale.
  • Liberté : un homme libre doit pouvoir utiliser ce « temps » comme il le souhaite. Liberté d’action, de penser.
  • Propriété : un homme libre doit pouvoir disposer du résultat de ses actions.
  • Responsabilité : un homme libre doit assumer ses choix, ses actes.

La conséquence logique est que, pour être libre, il faut bien veiller à respecter la liberté d’autrui.
Pour un libéral, l’État n’est là que pour assurer le respect de ces principes fondamentaux. Pour le reste, il fait confiance à l’ordre spontané.

Mon pti Toto, si tu as suivi les quelques mots au sujet de l’économie pour les noobs, tu sais qu’un homme même libre a besoin des autres pour répondre à ses besoins. Ce sont toutes ces interactions, maintenant devenues mondiales, qui sous un apparent chaos forment globalement cet ordre spontané.
Depuis que l’homme existe, n’y a t’il pas de moins en moins de conflits au fur et à mesure que les hommes interagissent dans leurs propres intérêts?

Seulement voilà, l’ordre spontané, par son caractère chaotique et incertain, ça fait peur. Alors beaucoup se réfugient dans les discours rassurants des beaux parleurs et prometteurs de toute sorte. Ceux là même qui prétendent avoir la capacité de modeler la société par le bras de l’État.

« Justement, l’Etat n’est il pas le meilleur moyen de rendre le monde meilleur? »

Il le pourrait s’il n’était pas atteint d’une maladie très tenace : l’interventionnite.

L’interventionnite est cette maladie qui pousse un détenteur du pouvoir à faire appliquer des règles qui, quand on regarde les résultats à posteriori, n’ont fait que déplacer le problème, voire ont eu un effet inverse au but recherché et ont surtout coûté énormément d’argent. Argent qui aurait pu servir à créer de la richesse plutôt qu’à servir les intérêts d’un clientélisme électoral.

Le libéral est conscient que le monde parfait n’existe pas, qu’il est vain de vouloir le créer. Il y aura toujours de la pauvreté et des injustices. Il est convaincu, et les faits historiques le prouvent, que c’est la liberté et donc le libéralisme qui a permis une amélioration générale des conditions de vie dans le monde.

« Aux États-Unis, ce sont des libéraux et pourtant il y a beaucoup de pauvres »

Close up of the Statue of Liberty New York USAC’est vrai qu’il y eut une époque où l’Amérique du nord était libérale, c’était l’état d’esprit des pères fondateurs. Hélas, là aussi, tout a bien changé. Même si ce pays est plus libéral que la France, il y a bien longtemps qu’il a succombé aux sirènes de l’interventionnite et de ses conséquences : paupérisation, capitalisme de copinage, fraude à l’assistanat, infantilisation, etc.

 

Mon cher Toto, ce billet commence à devenir vraiment long, il faudrait des pages et des pages pour présenter plus en détail ce qu’est le libéralisme, le vrai. Et ce n’est pas sur cet humble journal qu’il le sera. Heureusement pour moi, d’autres ont fait un boulot énorme et passionnant sur le site Wikibéral. Pour commencer, je te conseille la page sur les idées reçues ou cet autre site du libéralisme pour les nuls dantou.fr qui a inspiré ce billet.

Je conseille aussi pour les curieux, ce petit ebook : Faut-il avoir peur du libéralisme? de l’Institut Coppet

 

 

 

1 pensée sur “Le libéralisme pour les noobs”

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *