La fin d’un temps

Dimanche est passé, un mandat s’est terminé.

C’était en 2008, en un village percheron au nom particulier. Quelques âmes motivées se trouvent élues pour former un nouveau conseil municipal. Motivées pour s’investir, pour participer, pour changer des choses, diverses sont les raisons qui nous poussent à tenter l’aventure.

Vient l’élection du maire et de ses adjoints. Certains candidatent, certains se connaissent, certains débarquent. Les premiers votes apportent avec eux les premières rancœurs. Puis vient le temps des nominations aux commissions, les locales, les intercommunales, les syndicales. Certains se proposent, d’autres disposent. La répartition n’est pas très égale mais on ne peut tous avoir les mêmes disponibilités.

Vient la préparation du premier budget, découverte de subtilités comptables : section d’investissement, section de fonctionnement, reports, transferts, budgets annexes, subventions, fonds de péréquation, dotations. Des sommes en recettes, des sommes en dépenses, qui n’ont de sens que par les explications de celui qui les a mises là.

Aux syndicats, mêmes combats. On élit le seul candidat, on vote des indemnités et on remarque que le gris domine l’assemblée (pour ceux qui ont encore des cheveux).

Puis la machine est lancée, de temps en temps, une réunion est programmée, un avis est demandé, pas grand chose est décidé.

Les années se suivent et se ressemblent, les projets avancent lentement, trèèèès lentement, mais surement.

La période de rodage passée, toutes les spécificités assimilées, la routine organisée, vient le temps du doute. D’un coup, comme frappé d’un éclair, au cours d’une réunion routinière de la commission finance intercommunale.
Le contexte? La fixation du nouveau taux d’imposition.
L’élément déclencheur? La stupéfaction devant la totale décontraction de l’assemblée à préférer laisser le taux tel quel malgré un excédent budgétaire plutôt que le baisser. « Pour se garder un filet de sécurité » comme ils disent.
Filet de sécurité qui promet d’être utilisé pour un nouveau projet d’investissement dans un réseau de fibre optique.

Le doute s’installe, durablement, année après année, inauguration après inauguration, réunion après réunion. La motivation disparait, l’impression de ne servir à rien s’amplifie. La vue d’ensemble de la machine aux innombrables rouages se détaille, une petite incursion dans un des organes de la Sécurité Sociale y contribuera. Un sentiment émerge, indescriptible, mais peu rassurant sur l’avenir.

Le doute laisse la place au rejet quand vient la découverte, par hasard, de l’école autrichienne d’économie, d’auteurs français comme Frédéric Bastiat, Constant, Say, Turgot, Les Lumières portent peut être bien leur nom.

Vient alors le temps du renouvellement, certains décident d’y retourner, certains sont recrutés, certains laissent tomber. Un nouveau cycle va commencer.

Dimanche est passé, certain a changé.

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