#ArteCliché, Sacrée croissance

Liberté-DelacroixAprès la série « Capitalisme », Arte diffuse « Sacrée croissance« , documentaire sur l’économie post-croissance. Un peu réticent au départ compte tenu du descriptif dans lequel on peut y lire « doxas libérales » dès la première phrase. M’enfin… le canon sur la tempe…. j’accepte et m’exécute :p

Sur la forme, du classique, on prend des personnes de la vrai vie qui font des trucs, on incruste des « experts » neutres qui disent des trucs savants et on finit par dire que c’est la faute des méchants ultranéoturbolibéraux. Bon ok, j’exagère un peu 🙂

Qui sont les intervenants (liste non exhaustive), Dennis Meadows, Jean Gadrey, Richard Heinberg, Olav Hohmeyer… tous pro-décroissance, pro-GIEC, malthusiannistes, etc. Pour la neutralité et l’équilibre des propos on repassera mais on me dira que ce n’est pas le but du sujet, certes mais au bout du 357e reportage déséquilibrés dans le même sens, ça sent plus le prosélytisme que l’information.

L’idée générale du documentaire est de dire que sur une planète, par définition finie, les ressources en sont finies et donc on ne peut pas croitre infiniment. L’argument fallacieux habituel est que si tous les êtres humains avaient le même niveau de consommation, il nous faudrait 3 ou 4 planètes. Les experts ne sont pas d’accord entre eux sur le nombre de planètes mais passons. Nous sommes donc dans la digne lignée de Thomas Malthus qui prédisait déjà cela à la fin du 18e siècle, mais ça n’est pas arrivé et je pense que ça n’arrivera pas.
Plusieurs raisons à cela.
Plus une société est « évoluée », plus elle se régule démographiquement. L’indice de fécondité en Europe est assez parlant, combien y a t’il de familles de 8 ou 9 enfants de nos jours? Sachant qu’il y a de moins en moins de pauvres sur terre, il est fort probable que la surpopulation tant attendue n’arrive pas.
Ces « prédictions » ne tiennent pas compte de l’avenir et du progrès, de la découverte de nouvelles énergies, qui peuvent substantiellement modifier la façon dont les ressources sont utilisées actuellement. Le Thorium en est un excellent exemple.

Revenons sur la croissance. De quelle croissance nous parle t’on? Sans plus de précision, on peut tout lui faire dire et son contraire. Remplaçons le mot « croissance » par « poussée » ou « augmentation », si on précise pas de quoi, ça ne veut absolument rien dire.
Le documentaire montre des hommes/femmes politiques faire moult palabres sur la croissance. Cette croissance là, c’est celle du PIB (j’y reviendrai plus tard). Puis il est question de consumérisme à outrance, des pratiques commerciales, de la pauvreté, du réchauffement climatique… tout ça serait la faute de la croissance, ou tout au moins résultant d’une « croissance à tout prix ». Je trouve que c’est là l’amalgame qui est fait sur ce terme. L’augmentation du niveau de vie, l’augmentation des richesses, le profit d’une entreprise…. ce n’est pas l’augmentation du PIB.

Il est également question du réchauffement climatique, le GIEC y est cité plusieurs fois. Je suis impressionné par l’emprunte que laisse cet Organisme Génétiquement Malhonnête sur terre. Il n’y a pas un mois sans qu’une étude viennent démonter la soupe que ces experts nous servent. NON, il n’y a pas de réchauffement climatique causé par l’activité humaine. NON, le niveau de la mer n’augmente pas dangereusement, des mesures montrent qu’il baisse par endroits.

 

Au cours du reportage, nous voyons donc des initiatives « collectives »  dixit « d’ une population réticente à se laisser imposer les doxas libérales« . Je trouve plutôt que ces initiatives sont particulièrement libérales.

Face à une situation, des personnes décident de s’associer volontairement pour régler leurs problèmes ou faire quelque chose qui est fidèle à leurs valeurs. Il n’y a pas plus libéral que ça. Ce qui me gave, c’est les petites insinuations du genre, « Vous voyez c’est vachement bien les trucs collectifs, alors qu’attendent les politiques pour l’imposer à tout le monde » ou « Comment forcer la résilience ». Le gars qui n’en a pas envie, on en fait quoi? Hop, Au goulag?
En Russie, ça n’a pas marché, en Israël ça n’a pas marché, pourquoi cela marcherait il aujourd’hui? On ne peut pas imposer son échelle de valeur à autrui sans s’exposer à un sévère retour de bâton (Ce qu’on voit, ce qu’on ne voit pas toussa toussa). Basta.

Un cher ami (celui qui tient l’arme) me dit que les libéraux ne proposent jamais rien et ne sont que dans la critique. J’ai envie de lui dire que c’est normal puisque ce n’est que dans un contexte de réelle liberté que les propositions et solutions émergent d’elles-mêmes. Contrairement aux constructivistes qui croient savoir ce qui est bon pour les autres. La seule proposition qui vaille finalement c’est : que l’État se mêle de ce qui le regarde et qu’il arrête de s’occuper d’économie.

Si l’idée des monnaies locales peut paraitre bonne (c’est une idée assez proche du freebanking), présenté comme ça, elles ne sont ni plus ni moins qu’une carte de fidélité sophistiquée.
Le Palmas est adossé au real, sa valeur est donc la même. Si le real est dévalué, le palmas en sera tout autant. C’est une subvention déguisée au « reste ici ». Comme toute subvention, cela ne crée t’il pas une bulle locale? Cela tiendra t’il sur le long terme?
Pour le chiemgauer, c’est pareil. On nous dit qu’il n’y a pas d’intérêt mais il faut remettre 2% chaque année pour les utiliser. Ca ressemble beaucoup à un taux d’intérêt. Et pourquoi ne pas faire un don direct à la crèche?
Et aussi, quid de la fausse monnaie? de la création monétaire? Si jamais quelqu’un se met à imprimer une tonne de ces petits billets.
OK pour décentraliser la monnaie, qu’elle ne soit plus manipulable par le politique, mais pas comme ça. Bitcoin, entre autres, ou  des métaux précieux sont de bien meilleures monnaies décentralisées, pour autant que la fiscalité ou la législation le permette.

Pour finir, le documentaire termine sur le PIB et le BNB.
Oui, le PIB est une mesure qui n’indique pas grand chose de plus que ce qu’il est : la somme de toutes les valeurs ajoutées. De plus, sa valeur est biaisée car y sont incluses toutes les dépenses publiques (57%) qui ne créent aucune richesse (un profit, 2 pertes). Tout ce que peut donc dire cet indicateur est qu’il s’est passé plein de trucs dans le pays mais absolument pas que le pays se soit globalement enrichi.
Si les politiques courent autant derrière le PIB et son augmentation c’est pour la simple et bonne raison qu’il faut bien rembourser les dettes causées par des promesses électorales et investissements dispendieux, autrement, qui preterait à un pays qui a plus de 2000 milliards de dettes, des budgets en déficit chronique. Le marketing, les dividendes, la pub, la doxa libérale n’ont rien à voir la dedans.

 

(je n’ai pas relu ce texte, tant pis pour les fautes)

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