Bouchons fantômes et onde de freinage

S’installer en ville, après de nombreuses années à la campagne, c’est redécouvrir un phénomène qui n’existait plus que sur la route des vacances: le bouchon, autrement nommé l’embouteillage, le ralentissement, la difficulté ou encore, la retenue.

Je m’avance un peu en affirmant ce qui va suivre mais, à mon avis, dans la vie, il n’y a que 2 sortes de bouchon, le vrai bouchon et le faux bouchon.

Le vrai bouchon, c’est quand t’es sur la route, qu’il y a plein de voitures et que personne n’avance, alors que le faux bouchon, c’est quand il y a plein de voitures et que personne n’avance. Mais c’est un faux bouchon parce que….. bah y a rien qui bouche !!! Pas d’accident, pas de morceaux d’avion en transit, pas de motard ou de CGTiste en colère.

Le faux bouchon, c’est celui qui se forme spontanément, simplement à cause des gens. Pour le former, c’est assez simple et ça peut être un jeu rigolo si vous aimez emmerder votre prochain. Il faut pour cela se trouver sur une voie suffisamment chargée mais qui roule bien et, subitement, vous freinez brusquement mais pas trop, histoire d’éviter le constat qui, pour le coup, déclencherai un VRAI bouchon. 🙂

Alors pourquoi, ce simple coup de frein engendre un bouchon?

C’est très simple. Les gens, ça roule vite, ça colle au cul des bagnoles, ça téléphone ou ça se nettoie le nez et si quelqu’un devant freine, celui qui se trouve derrière va freiner mais légèrement plus fort, celui derrière aussi, jusqu’à ce qu’ une voiture s’arrête. Même si l’arrêt ne dure qu’une microte, l’onde de freinage se propage alors vers l’arrière et c’est le bouchon. L’effet est d’autant plus important quand l’écart de vitesse avec ceux qui arrivent est grand, typique sur autoroute.

Tandis que ceux devant repartent mais freinent à nouveau quelques mètres plus loin, ce qui crée une deuxième onde de freinage. Puis repartent et freinent encore, c’est parti pour une 3e onde de freinage, etc, etc, bref, on connaît la musique, on perd un temps fou et des litres d’essence pour rien.

Heureusement, le faux bouchon n’est pas une fatalité et il suffit d’UN seul véhicule pour le résorber. Oui !!! UN SEUL !! Toi lecteur, tu peux résorber un bouchon rien qu’à la force de ton pied, ou plutôt, sa légèreté.

Comment ce miracle est il possible ??

Simplement en cassant l’onde de freinage et pour ce faire, adopter un comportement qui risque d’en agacer plus d’un :

NE PAS FREINER

hé ouais, pas con hein ! Mais plus facile à dire qu’à faire.

Ne pas freiner, ça veut dire aussi, ne pas trop accélérer.
L’idée est la suivante. Plutôt que faire du 0-10-0-10-0-10 km/h tous les deux mètres, on va plutôt se caler à une vitesse qui permet de ne jamais s’arrêter. Idéalement, lorsqu’on approche du véhicule devant nous, c’est à ce moment là qu’il repart. L’onde de freinage est morte, elle ne se propage plus, tout le monde derrière en profite et gagne du temps. Il suffit de regarder derrière soi pour le constater.

Ceci implique donc de laisser devant soit une certaine distance où beaucoup ne manquerons pas de s’incruster, croyant y gagner quelque chose. Ces victimes du syndrome de la « file d’à coté qui va plus vite » prêts à faucher le premier deux-roues qui s’aventurerait entre deux files.
Laisser de l’espace devant soi, c’est aussi fluidifier les entrées et les sorties. De la même manière qu’une fermeture éclair se bloque quand 2 crans veulent le même créneau, elle fonctionne bien mieux si aucun cran ne force le passage.

Bien sûr, chez lecteur, ça ne te fera pas arriver plus vite si devant toi tout le monde est arrêté, mais tu auras permis à tous les camarades routiers qui te suivent de ne pas subir l’accordéon. Imagines un instant que tu parles de ce miracle à tous tes amis et que tous tes amis le font aussi, on peut espérer qu’un jour, tous ensemble nous pratiquerons la casse de bouchon et pourrons rouler tranquilles et zens dans une fraternité un vivre-ensemble célébré.

Pour finir, rappelles toi cet adage :

Il vaut mieux bien faire coulisser sa braguette 1 fois à 1 km/h plutôt que se coincer la quéquette 100 fois à 10km/h.