Arte, la dette, la finance…. un jour sans fin

monnaieÇa y est, j’ai terminé le visionnage du énième documentaire d’Arte sur la méchante finance qui fait que nous pourrir la vie depuis l’arrivée des néo-ultra-libéraux (à la 17e minute).

Je commence sévère mais je ne peux nier que, pour une fois, ce doc n’est pas le pire et qu’il évoque et époussette certains faits important comme l’abolition de l’étalon-or par Nixon. Je dis époussette car ce fait, extrêmement majeur dans l’histoire économique, est tout juste survolé. C’est donc bien l’État le fautif de la situation actuelle et non pas une victime comme ces documentaires le laissent TOUJOURS supposer. En savoir plus sur l’étalon-or

Comme la coutume le veut, nous assistons donc à une revue chronologique de l’histoire de la finance et de la dette. Sont donc conviés des intervenants notoirement connus pour être à la gauche du diagramme de Nolan, Karine Berger (députée socialiste), Bernard Maris (l’économiste Oncle Bernard de Charlie Hebdo) et le fumeux Piketty auréolé de son succès en librairie dont les théories se fracassent contre le mur de la réalité. Bref, encore une fois un documentaire pondéré, chargé de biais et frôlant la neutralité idéologique.

Sur ce sujet, aurait très bien pu être interrogé Pascal Salin, le  » spécialiste de la théorie monétaire et de la finance publique » dixit wikipédia… mais non…

Il ne faut que quelques minutes pour comprendre que « la finance est devenue le maître », que le rapport de force est passé de la puissance publique aux banques, etc.

Quelles sont donc les solutions évoquées pour résorber ce problème de dettes:

– L’inflation
Eh oui, l’inflation c’est magique, ça a déjà fonctionné, ça permet de noyer la dette sous la dévaluation !! Yiihaa !
Sauf que l’inflation, c’est la planche à billet et la planche à billet a le don de ne profiter qu’à ceux qui les recoivent. L’appauvrissement généralisé comme solution?? Super pour des gens qui prétendent défendre la veuve et l’orphelin.

– La croissance
Croire en une croissance qui arriverait comme par magie vu les carcans dans lesquelles sont nos entreprises relève de la pure foi 🙂

– Baisse de l’augmentation des dépenses publiques
Mfffff j’ose même pas commenter….

– Effacer la dette
Pour le coup, c’est une vrai question. Est ce qu’il est normal et moral qu’une créance ne soit pas recouvrée?
Si je prête de l’argent à quelqu’un, j’ai confiance en sa capacité de remboursement. S’il ne me rembourse pas tant pis pour ma pomme. C’est le risque inhérent au crédit, le prêteur prend sa responsabilité.
Le problème de la dette publique est d’une part que les contractants ne sont pas responsables de leurs actes et, d’autre part, que les créanciers sont aussi les contribuables.
Doit on procéder à un impôt sur le contribuable français quand ce sont des politiciens grecs qui ont fait joujou avec leurs « sujets »?

« Ouiiii mais t’es pas solidaiiiire, toussssaaaa »
Ce n’est pas un problème de solidarité mais bien un problème de responsabilité.

La première chose à faire pour résoudre cette histoire de dette n’est elle pas que chacun prenne enfin ses responsabilités?
Que les politiciens assument les décisions qu’ils prennent.
Que les banquiers assument les risques qu’il prennent.
Que les personnes intègrent que l’argent sur leur compte en banque ne leur appartient pas, que c’est une dette que la banque a envers eux et qu’il faut en assumer les risques. (on reboucle sur l’étalon or)
Oui cela risque de faire mal mais plus on attendra, plus dure sera la chute…

L’économie pour les noobs, 3e partie

Suite de la digestion des principes économiques de bases exposés par Gérard Dréan dans son livre B.A BA d’économie.

La production

Tout ce qui est consommé par une personne a d’abord été produit par une autre.La production est donc nécessaire à la création de valeur et d’échanges.

Cette production est d’autant plus efficace que les producteurs sont spécialisés. Il vaut mieux 2 personnes spécialisées chacune dans leur domaine qui coopèrent, qu’une même personne effectuant plusieurs tâches. C’est la division du travail.

Une division du travail poussée, c’est une productivité collective plus élevée, plus génératrice de valeur, plus bénéfique pour la société dans son ensemble.

Pour produire quelque-chose, il faut des ressources (des outils, des machines, des connaissances, des compétences), c’est le capital et des personnes qui utilisent au mieux ces ressources, c’est le travail. L’un ne peut pas aller sans l’autre, le capital a besoin du travail et le travail a besoin du capital.
Puisque rien ne sort du chapeau, pour produire il faut d’abord acquérir le capital. Obtenir du capital qui servira à produire s’appelle « investir ».

La personne qui organise l’utilisation du capital et du travail pour produire un bien est l’entrepreneur, pour cela il crée une entreprise.

L’entreprise

Si un entrepreneur crée une entreprise, c’est qu’il pense qu’il y a des gens intéressés par ce qui est produit. Pour ces personnes, les biens produits ont plus de valeur que les biens consommés pour la production. (Exemple d’un restaurant dans le livre)
On peut dire que cette entreprise est utile à la société car elle crée de la valeur. La différence de valeur, c’est le profit.
Une entreprise profitable est donc une entreprise qui démontre son utilité pour la société.

Travail et capital sont indissociables et nécessaires au bon fonctionnement de l’entreprise. Les profits qu’elle génère sont redistribués entre ces deux composantes : dividendes pour ceux qui ont apportés les outils : les apporteurs de capitaux et salaires ceux qui les utilisent : le travail.

Exemple, pour qu’un plat se retrouve dans une assiette, il aura fallu des matières premières (viandes et patates) et faire travailler le capital (utiliser le four par un cuisinier et servir l’assiette par un serveur). L’ensemble du processus depuis l’achat des matières premières jusqu’au service à table s’appelle le cycle de production.

Si un entrepreneur n’a pas assez d’économies pour le capital de son entreprise, il doit trouver de la monnaie quelque part, un ami qui avait des bas de laine, un banquier, ….

C’est la qu’intervient…

La finance

La finance est le moyen de mettre en relation ceux qui veulent créer des entreprises avec ceux qui ont des économies. Il ne peut donc y avoir d’investissements sans épargne.

Une entreprise qui recherche un investisseur a plutôt intérêt à maximiser les opportunités de le trouver. Il peut se trouver dans le cercle familial ou amical mais le choix peut vite être limité et n’intéresser personne.
L’entreprise peut s’adresser à une banque qui, si elle a confiance dans le projet, utilisera l’épargne de ses clients. Les clients en seront rémunérés en retour.
Ou plus largement encore, elle peut s’adresser au monde entier par le biais de la bourse. La bourse a l’avantage de ne pas lier l’investisseur à l’entrepreneur par un contrat. Un investissement étant en quelque sorte une promesse d’un revenu futur, ces promesses sont transmissibles à quiconque estime qu’elles ont de la valeur. La bourse est un marché de promesses de revenu. Comme tout marché, elle confronte l’offre et la demande de confiance envers les entreprises. Un cours d’une action qui baisse signifie tout simplement que pour les investisseurs (moi, le boulanger ou bill gates) l’entreprise, par ses projets d’avenir et ses résultats passés, n’apporte pas la confiance en un revenu prochain, autrement dit, qu’elle ne créera pas de valeur, ne sera pas profitable.

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